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Chantiers en cours
Si l’intervention archéologique principale au Grognon est aujourd’hui achevée, le protocole d’accord encadrant l’opération prévoit une possibilité pour l’équipe de l’AWaP de suivre les travaux au gré des phases de pause des éléments préfabriqués et de terrassements et ce sans ralentir le chantier, afin de relever rapidement, notamment sur l’enceinte du 16ème siècle, l’un ou l’autre élément permettant de compléter l’abondante documentation recueillie pendant les 16 mois d’investigation archéologique.
Ainsi, consécutivement à la dernière phase de terrassements, un suivi archéologique a été réalisé durant les deux premières semaines du mois de janvier sur une coupe d’une trentaine de m de long située à hauteur de l’édicule Sambre et de l’entrée du parking, sous la dalle en béton de l’étage -1 du futur parking. Cette stratigraphie offre l’occasion de mieux comprendre la succession des évènements naturels et d’origine humaine qui, au gré des millénaires, ont façonné la pointe du Confluent namurois. C’est en nettoyant et en analysant cette coupe qu’une découverte majeure à été faite.

Il s’agit d’une couche datant du Mésolithique, période située vers 9000 ans avant notre ère et ayant livré sur quelques mètres et une largeur de 10 à 20 cm seulement, soit moins de 2 m², un riche matériel en silex, ce qui est classique pour cette période et a déjà été rencontré au Grognon, mais surtout nombre d’ossements animaux et de restes végétaux dans un état de préservation rarissime pour la Belgique : os de cerf, de sanglier, d’auroch provenant d’au moins 33 individus et dont certains portent des traces de découpe, nombreux fragments de branches et de végétaux divers, dont des noisettes entières ou ayant été consommées.

Un morceau de bois façonné fait également partie des découvertes, de même qu’une mandibule de chien, éléments très rares pour la période. Plus exceptionnelle encore est la découverte d’un ossement humain, en l’occurrence le fémur gauche incomplet d’un individu adulte. Son appartenance au niveau préhistorique doit encore être assurée, mais si elle se confirme, découvrir un os humain dans un tel contexte de préservation est à ce jour tout à fait unique et pose une série de questions tout à fait passionnantes, à commencer par la raison de sa présence à cet endroit, qui reste un mystère à ce stade. Que ce soit en Belgique ou au-delà, le potentiel scientifique de cette découverte est considérable, d’autant que le niveau semble avoir été peu perturbé depuis sont abandon il y a 9000 ans, comme en atteste un remontage effectué entre deux éléments de silex abandonnés sur le site par un tailleur. Ce remontage démontre que ces éléments sont restés proches l’un de l’autre après l’abandon du site et ce durant les millénaires qui nous séparent de la dernière occupation du lieu.

Par conséquent, en accord avec le Concessionnaire, son entrepreneur principal et la Ville de Namur, il a été décidé, après avoir descendu une grue dans l’excavation, de dégager le niveau recelant les vestiges préhistoriques, d’abord mécaniquement, puis manuellement.

Il faut ici remercier le Concessionnaire, Interparking, qui a accepté de financer les terrassements mécaniques qui ont permis d’atteindre la couche préhistorique sur une superficie de 70 m², soit un bon tiers de la superficie encore disponible.

Les fouilles en cours, qui se dérouleront en février et en mars, permettront de mieux comprendre l’organisation du campement et de préciser quels étaient les ressources en nourriture et en matières première recherchées au Grognon par ses occupants, de même que les modalités de leur mise en œuvre il y a près de 10.000 ans.

 

 

Copyright : Dominique Bosquet © SPW-AWaP